Avec les jeunes, avec les précaires, avec les salarié·es de l’EPI, de la formation et des CFA associatifs, le SNPEFP-CGT appelle à se mettre en grève et se mobiliser le 5 novembre 2026
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Lien vers l’adresse de Sophie Binet aux différents syndicats de la CGT
Parce que derrière les discours sur l’innovation, l’inclusion, la réussite éducative et la santé mentale des jeunes, une autre réalité s’impose chaque jour davantage : celle de personnels épuisés, précarisés, sous-payés, invisibilisés et sommés de faire toujours plus avec toujours moins.
Nous travaillons avec ce qu’il y a de plus précieux : des enfants, des adolescent·es, des apprenti·es, des jeunes en difficulté, des personnes en formation qui cherchent leur place dans le monde. Mais comment prétendre prendre soin des jeunes quand celles et ceux qui les accompagnent ne sont plus eux-mêmes protégés ? Comment parler de bien-être quand les heures supplémentaires disparaissent dans les emplois du temps ? Comment parler d’écoute quand la parole des salarié·es reste sans réponse ? Comment parler d’inclusion quand les travailleurs et travailleuses précaires deviennent la variable d’ajustement permanente des budgets ?
Dans de trop nombreux établissements, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre :
- salaires insuffisants ;
- recours massif à la précarité ;
- temps de travail invisibilisé ;
- surcharge de travail ;
- multiplication des tâches hors qualification ;
- remplacements au moindre coût social ;
- dialogue social réduit à une formalité ;
- pressions exercées contre celles et ceux qui osent s’organiser collectivement.
Nous refusons cette logique. Nous refusons une société qui considère les personnels de l’éducation, de la formation, comme une dépense à réduire plutôt que comme une richesse à développer.
Les mouvements sociaux naissent lorsque celles et ceux qui ne sont plus entendus décident collectivement de reprendre la parole. La grève n’est pas une anomalie démocratique. Elle est au contraire un acte de démocratie sociale. Elle permet de rendre visibles celles et ceux que l’on préfère souvent ne pas voir.
Aujourd’hui, nous voulons rendre visibles les invisibles :
- les surveillant·es à temps partiel qui cumulent plusieurs emplois pour survivre ;
- les formateur·rices dont la rémunération n’est plus à la hauteur de leurs qualifications ;
- les personnels administratifs dont les missions explosent ;
- les accompagnant·es qui assurent chaque jour la sécurité et la stabilité des jeunes les plus fragiles ;
- les salarié·es des petites structures qui exercent plusieurs métiers sous un même contrat ;
- les jeunes travailleurs et travailleuses qui entrent sur le marché du travail avec pour seule perspective l’incertitude.
Nous refusons qu’une génération entière soit condamnée à jongler entre contrats courts, temps partiels imposés et salaires insuffisants.
Nous refusons que la précarité devienne la norme.
Nous refusons qu’au nom de prétendues contraintes économiques, la personne humaine soit systématiquement sacrifiée.
Sans les salarié·es, rien ne fonctionne.
Sans les personnels éducatifs, il n’y a pas d’école.
Sans les formateur·rices, il n’y a pas de formation.
Sans les personnels administratifs, il n’y a pas de service.
Sans les personnels d’accompagnement, il n’y a pas d’inclusion. Sans le travail, il n’y a pas d’activité.
Nous ne sommes pas une variable d’ajustement.
Nous ne sommes pas des ressources.
Nous ne sommes pas des coûts.
Nous sommes celles et ceux qui font vivre quotidiennement les missions éducatives et de formation.
Le 5 novembre, nous appelons l’ensemble des salarié·es, des jeunes, des précaires, des privé·es d’emploi, des retraité·es solidaires et des citoyennes et citoyens attachés à la justice sociale à rejoindre les rassemblements et les actions organisés partout sur le territoire.
Pour :
- l’augmentation générale des salaires ;
- la reconnaissance du travail réel ;
- la fin de la précarité organisée ;
- le respect du droit syndical et du droit de grève ;
- l’amélioration des conditions de travail ;
- des moyens à la hauteur des besoins éducatifs et sociaux ;
- une formation de qualité accessible à toutes et tous ;
- une société qui place la personne humaine l’humain avant la rentabilité.
Parce que la dignité n’est pas négociable.
Parce que l’épuisement n’est pas une politique sociale.
Parce que la jeunesse mérite mieux qu’un modèle fondé sur la précarité.
Parce que celles et ceux qui prennent soin des autres ont aussi le droit d’être respectés.
Le 5 novembre 2026, faisons entendre nos voix.
Toutes et tous en grève et dans les mobilisations du 5 novembre 2026. Pour les droits, la dignité et l’émancipation du monde du travail.
