CERENE Lille : promesse trahie, salariés sacrifiés

Le SNPEFP-CGT dénonce une procédure de licenciement économique menée à charge contre trois salariés

À la rentrée 2026, l’école CERENE de Lille, qui accueille des élèves présentant des troubles « dys », n’ouvrira pas ses portes. Sept salariés sont licenciés pour motif économique

Derrière les chiffres avancés par la direction, il y a sept vies professionnelles brutalement bouleversées. Et surtout, une méthode patronale que le SNPEFP-CGT dénonce fermement : promettre devant les élus, puis se dédire quand les salariés n’ont presque plus le temps de réagir.

Une promesse faite devant le CSE, puis reniée

Le 9 juillet 2026, lors d’un CSE extraordinaire, la direction confirme que les contrats des salariés prendront fin au 31 août 2026. Cette date est ensuite répétée lors des entretiens préalables du 15 juillet auxquels la déléguée syndicale du SNPEFP-CGT a assisté.

La direction présente même ce report comme un geste « généreux », seule mesure allant au-delà du minimum légal.

Mais par courriers datés du 29 juillet, reçus le 1er août, les salariés apprennent que cet engagement ne sera finalement pas tenu. La rupture est avancée, alors même que le délai de réflexion touche à sa fin.

Résultat : impossible ou presque de refaire les calculs, de reprendre conseil, ou de re-consulter France Travail dans des conditions normales.

Pour le SNPEFP-CGT, c’est clair : la parole donnée devant une instance représentative du personnel ne peut pas être piétinée sans conséquence.

Des conséquences lourdes pour les salariées

Ce changement de date n’est pas un détail administratif. Il a des conséquences directes et graves :

  • Perte de la rémunération du mois d’août ;
  • Perte d’ancienneté ;
  • Droits sociaux amputés ;
  • Projets de reconversion fragilisés ;
  • Conséquences possibles sur l’indemnisation au titre du CSP.

Une salariée devait atteindre un an d’ancienneté au 31 août. En avançant la rupture, la direction la prive potentiellement de droits déterminants. Une autre salariée z — dont la situation avait précisément justifié le report au 31 août devant le CSE — perd elle aussi le bénéfice de cet engagement.

Voilà ce que produit concrètement une promesse patronale reniée : des droits perdus et des salariés fragilisés.

Un reclassement de façade

L’obligation de reclassement n’est pas une formalité. Elle doit être sérieuse, écrite, précise et personnalisée.

Or, dans ce dossier, la direction du CERENE n’a jamais transmis au CSE la liste complète des postes disponibles. Elle a reconnu qu’aucune liste écrite n’avait été envoyée aux salariés. Elle les a même renvoyé·es vers un intranet pour aller chercher eux-mêmes d’éventuels postes.

Ce n’est pas du reclassement. C’est un abandon.

Une enseignante n’a reçu aucune offre d’enseignement. Un salarié ayant une double compétence vie scolaire et informatique n’a reçu aucune proposition correspondant réellement à ses missions. Les lettres de licenciement, elles, ne comportent aucune mention sérieuse du reclassement.

Des chiffres économiques à géométrie variable

Le SNPEFP-CGT relève aussi de graves contradictions dans les justifications économiques.

Devant le CSE, certains chiffres sont présentés comme le signe d’un redressement. Dans les lettres de licenciement, les mêmes montants deviennent la preuve d’une aggravation. Des pertes hypothétiques sont présentées comme certaines. Les chiffres d’affaires trimestriels, pourtant nécessaires à l’analyse, ont été refusés aux élus.

Un même chiffre ne peut pas servir à rassurer les représentants du personnel un jour et à justifier des licenciements le lendemain.

Un CSE méprisé, une procédure verrouillée

Les élus du CSE n’ont pas été mis en mesure de rendre un avis éclairé. Plusieurs documents essentiels demandés dès le 20 mai n’ont jamais été transmis : chiffres d’affaires trimestriels, tableau complet de reclassement, éléments méthodologiques, documents économiques structurants.

Face à cette rétention d’informations, les élus ont refusé de rendre un avis, considérant que la consultation n’avait pas valablement couru.

Le SNPEFP-CGT salue leur sérieux et leur détermination. Grâce à leur travail, les manœuvres de la direction ont pu être documentées précisément.

Ce que le SNPEFP-CGT exige

Le SNPEFP-CGT demande :

  • Le respect de l’engagement pris sur la date du 31 août 2026 ;
  • La réparation des préjudices subis par les trois salariés ;
  • De véritables offres de reclassement, écrites, précises et personnalisées ;
  • La communication complète des documents économiques dus au CSE ;
  • Des réponses écrites aux questions restées sans suite ;

Le dossier a été transmis à l’inspection du travail. Si nécessaire, il devra aussi être porté devant le juge.

Notre solidarité est totale

Le SNPEFP-CGT apporte son soutien entier aux salariés licenciés, ainsi qu’aux élu·es qui ont tenu bon malgré la rétention d’informations et les pressions.

Ce dossier illustre une méthode inacceptable : annoncer un engagement pour désamorcer la contestation, puis se dédire par courrier quand il est presque trop tard pour réagir.

Nous ne laisserons pas faire.

La dignité des salariés ne se négocie pas.

Les droits ne se contournent pas.

Les engagements se tiennent.

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