NON au vol de la Fête Internationale des Travailleurs !
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Le 1er Mai, Fête Internationale des Travailleurs
Comme vous le savez, le 1er Mai ce n’est pas la fête du Travail mais la Fête Internationale des Travailleurs !
Tout commence dans les années 1880 avec la revendication de la journée de 8 heures soit la semaine de 48h. À cette époque, seul le dimanche est chômé. C’est la grande revendication des syndicats tant américains qu’européens.
En 1884, les syndicats états-uniens se donnent deux ans pour conquérir la journée de 8 heures. Le premier mai 1886, la grève générale est un succès. À Chicago, une manifestation le 3 mai fait trois morts parmi les grévistes — suite à une provocation des « Bloody Pinkertons » de l’agence du même nom reconvertie, dès 1877, dans la répression du mouvement syndical — qui organisent la réplique avec le tract suivant :
1. Tract appelant à se rassembler à Haymarket in « The Alarm »

— Le 4 mai 1886 la manifestation de Haymarket.
Rédigé en Anglais et en Allemand, ce qui révèle l’importance de la communauté des travailleurs d’origine germanique, il déclare : « De bons orateurs seront présents pour dénoncer le dernier acte atroce de la police, le meurtre de nos collègues de travail hier après-midi. Les ouvriers s’arment et se présentent en force ! ». À noter que la deuxième édition ne comprend pas cette recommandation.
À la fin de la manifestation, une bombe — dont l’origine reste controversée — explose face à la police qui riposte : résultat une dizaine de morts dont plusieurs policiers.
La répression conduit à l’arrestation des meneurs du mouvement : huit anarcho-syndicalistes qui sont condamnés à mort pour l’exemple. L’un d’entre eux se suicide, quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 qui s’inscrit dans les mémoires comme étant le « Black-Friday ».
1886 est aussi l’année de fondation de la « Fédération Américaine du Travail » AFL avec son emblème pour les 8 heures et sa devise latine tirée de Virgile : Un travail opiniâtre vient à bout de tout.

2. Le centenaire de la Révolution Française L’embrasement de la tour Eiffel par Georges Garrel.

— Le 1er mai 1889 se réunit le congrès de la IIe internationale ouvrière à Paris qui commémore, avec l’Exposition Universelle, le centenaire de la Révolution Française.
La Tour Eiffel est le phare rouge de la République qui éclaire le monde des Lumières de 1789. À l’origine, la Tour est peinte en rouge (sous-couche en « rouge Venise » recouverte de brun-rouge). La nuit, les feux d’artifice embrasait la tour dont le phare projetait ses lumières en Bleu, Blanc, Rouge !
Le 20 juillet 1889, les congressistes décident d’organiser une manifestation internationale pour la journée de 8 heures. Initiative qui doit être reprise chaque année. Les manifestants portent à la boutonnière un petit triangle de cuir rouge qui évoque la trilogie : 8 heures de travail, 8 heures de repos et 8 heures de loisirs.
3. Le massacre de Fourmies, partition Les Fiancés du Nord, ed. A. Repos.

— Le 1er mai 1891 à Fourmies, dans le Nord de la France, la répression d’une manifestation fait neuf morts.
La partition, présentée ici, relate le drame de la mort des fiancés dont la jeune femme tient une branche d’églantine rouge, le second symbole du 1er Mai. Le muguet, quant à lui, apparaît le 1er mai 1907. L’églantine se trouve dans le Nord de la France et le muguet en Île-de-France où les camarades le porte avec un ruban rouge …
Avec ce massacre, la date du 1er mai devient fondamentale pour la lutte des travailleurs en Europe. C’est une journée de luttes revendicatives rappelant les morts de Chicago et de Fourmies.
4. « L’assiette au beurre », n° 265, 28 avril 1906, 8h de travail, 8h de repos, 8h de loisirs par Grandjouan.

Cette couverture du journal anarchiste présente les allégories des trois 8 devant la manifestation des travailleurs sous l’églantine rouge !
— Le 1er mai 1919 – À la sortie de la Grande Guerre et de la Révolution Bolchevique, le principe de la journée de 8h est voté le 23 avril par le gouvernement Clémenceau craignant la contagion révolutionnaire. La CGT met la pression pour son application avec l’organisation de nombreuses manifestations.
5. Appliquera les 8 heures par Félix Doumenq.

— Le 1er mai 1936 – Le Front Populaire : Le 1er mai 36 fut en France une grande journée de manifestations. Elle se place entre les deux tours des élections législatives qui ont donné un net avantage aux forces du Front populaire.
6. Fêtons l’unité, luttons pour la Paix par Flo.

Le slogan comprend aussi « Luttons pour les 40 h, le contrat collectif et les grands travaux ». L’unité des travailleurs composés d’hommes et de femmes, d’ouvriers, contremaîtres, ingénieurs et cadres sous le drapeau rouge de la CGT. L’union fait la force !
— Le 1er mai 1941, durant l’occupation et le régime de Vichy, la fête des Travailleurs devient la « fête nationale du Travail » et plus précisément la « Fête du Travail et de la Concorde sociale ». Devant l’enclume, symbolisant le travail, la « francisque » maréchaliste détourne les couleurs de la République. Pétain, tente de s’attirer le monde ouvrier avec « la retraite des vieux ». En pleine « collaboration », la commémoration du 1er mai se limite à un simple arrêt de travail, le temps d’écouter religieusement un extrait du discours de Saint-Étienne visant à abolir la « lutte des classes » !
7. Je tiens les promesses même celles des autres par Roland Coudon.

Et toujours …
8. Le Label confédéral par Laroche, Durr et Richard (à comparer avec l’emblème de l’AFL).

Le Label confédéral (1904) fut adopté le 1er février 1902 par décision du comité confédéral de la CGT. La devise « Bien-Être et Liberté » est un programme, ô combien d’actualité, qui s’inscrit dans la poignée de main symbolisant la « Solidarité » superposée à la mappemonde de « l’Internationale » entourés par la « Confédération Générale du Travail ».
L’enseignement de l’Histoire
Les grandes avancées sociales ont été obtenues par la lutte unitaire des travailleurs et furent accélérées après de grands traumatismes bouleversant l’économie mondiale : hier les deux guerres mondiales et demain …

Épilogue
Face à l’unité syndicale le projet de loi est reporté sine die !
