IFORIS (CNAM Pays de la Loire) : Menace de fermeture

Un centre de formation de travailleurs sociaux de Maine-et-Loire menacé de fermeture

 

À signer ici la pétition de non fermeture

 

Le plan social du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM) des Pays de la Loire pourrait impliquer la fermeture du centre de formation Iforis. Professeurs et étudiants se sont mobilisés, lundi à Angers.

« Alors que la précarité explose, on ferme des centres de formation des travailleurs sociaux », désespère une enseignante de la formation, présente lors de la mobilisation de l’Iforis (centre de formation de travailleurs sociaux), ce lundi 30 juin 2025. Sur le parvis du lycée Iforis, sous une chaleur écrasante, une trentaine de professeurs et d’élèves s’agglutinent devant l’entrée du bâtiment, le temps d’une photo. Certains arborent un sourire entre deux drapeaux CGT, d’autres ont la mine plus grave. C’est peut-être une des dernières fois qu’ils se réunissent tous ensemble. Début juin, l’équipe pédagogique de l’Iforis apprenait lors d’une visioconférence que le centre de formation allait « certainement fermer » sans plus de précisions, laissant planer le doute sur la tenue de la rentrée prochaine.

 

200 étudiants par an

Depuis 80 ans, l’Iforis est l’unique centre de formation des conseillers en économie sociale et familiale (CESF) de Maine-et-Loire et forme chaque année environ 200 étudiants. Le CESF est un des chaînons essentiels de l’accompagnement social en France. Il aide les foyers en difficulté à résoudre les problèmes de la vie quotidienne, de la gestion du budget à la composition des repas.

Mais le CNAM, l’association gestionnaire de la formation, accuse un déficit budgétaire de 1,2 million d’euros. Son plan de sauvegarde de l’emploi prévoit la suppression de 61 postes au niveau régional. Et l’avenir de l’Iforis est donc en suspens. « Quelques minutes de visio pour nous annoncer que l’on va fermer, c’est d’une grande violence », s’agace Véronique Groust, enseignante à l’Iforis depuis treize ans.

« Les Angevins en difficultés financières, sociales et mentales seront directement impactés », rebondit Claudie Lemoine, salariée de l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV), venue en soutien à la mobilisation.

Une annonce fracassante

Le 20 juin dernier, l’équipe pédagogique décide de prévenir les
étudiants : « Nous avions le devoir de leur dire la vérité », indique Dominique Groust. « Quand j’ai lu ce mail j’ai cru que c’était une fake news », se souvient Léonie Bateau, étudiante en première année. « Je ne resterai pas dans le flou tout l’été sans chercher de nouvelle formation », regrette-t-elle. D’autres étudiants présents envisagent également de partir.

Coups de pression et mise en garde

Depuis l’annonce de cette journée de mobilisation, l’équipe pédagogique affirme avoir subi plusieurs pressions provenant du CNAM : « Nous avons reçu des mails, des appels téléphoniques de mise en garde. On nous a demandé de ne pas parler de la situation aux médias et de ne pas lancer de mobilisation », dénonce Véronique Groust. Contactée, la présidente du CNAM Pays de la Loire, Laurence Van Asten tient à rassurer : « Une négociation avec les partenaires sociaux est en cours, rien n’est encore acté. La rentrée aura lieu », ajoute-t-elle. En attendant d’obtenir davantage d’information sur la prochaine rentrée, le groupe d’une trentaine de personnes prévoit de maintenir sa mobilisation. L’équipe pédagogique espère un sauvetage par la Région, en charge des formations reconnues par l’État.

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