Procédure de redressement judiciaire d’ECOFIH : inquiétudes et zones d’ombre autour de la direction

À Bobigny, les salariés de l’École Ecofih découvrent la procédure par hasard

 

L’été dernier, l’association École Ecofih a déposé une demande de redressement judiciaire. Selon plusieurs sources internes, cette information n’a pas été communiquée aux équipes, ni même au chef d’établissement, chargé de la gestion quotidienne du site. C’est le délégué syndical qui aurait découvert fortuitement la procédure, suscitant une vive incompréhension parmi les salariés.

Une procédure tenue secrète

Selon plusieurs sources, l’association École Ecofih, basée à Bobigny (Seine-Saint-Denis), a déposé une demande de redressement judiciaire en juillet 2025. Une première audience s’est tenue début septembre, une autre est prévue en novembre. Problème : personne n’était informé. Le délégué syndical, M. Fall, après avoir découvert la procédure, dénonce : « On apprend que notre établissement est en redressement judiciaire sans qu’aucune explication ne soit donnée. C’est une trahison envers les salariés ».

Une direction sous tutelle et un possible conflit d’intérêts

Le fonctionnement de l’école est aujourd’hui placé sous la supervision de Mme W., directrice de formation du groupe Avec, auquel l’établissement est rattaché. Mme W. cumule également la direction du centre de formation DG Boost, qui loue une partie des locaux où Ecofih exerce aussi ses activités. Cette double fonction soulève des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts et sur la gestion des moyens partagés entre les différentes structures.
Lors du dernier Comité social et économique (CSE), Mme W. aurait indiqué que « les statuts et la situation du groupe étaient en cours de mise à jour », sans apporter d’informations complémentaires.

Une plainte pour abus de confiance déposée au printemps

En parallèle, une plainte pour abus de confiance a été déposée en avril 2025 par le délégué syndical et le chef d’établissement. Selon leurs déclarations, elle concernerait des mouvements financiers jugés suspects entre Ecofih, le groupe Avec et des structures partenaires. L’enquête suit son cours. Aucune conclusion n’a, à ce stade, été communiquée par les autorités.

L’inspection du travail saisie

Face à ce déni de dialogue social, le délégué syndical a saisi l’inspection du travail, qui a appuyé la demande d’une réunion extraordinaire du CSE. Sous pression, la direction a dû accepter : la réunion se tiendra le 6 octobre 2025. L’objectif est clair : obtenir enfin des réponses sur la situation économique d’Ecofih et sur les conséquences pour les salariés. Deux dates décisives : La réunion extraordinaire du 6 octobre sera suivie d’une assemblée générale du personnel le 7 octobre 2025. Les salariés y aborderont les suites de la procédure et les actions à mener pour défendre leurs droits. « La direction doit rendre des comptes. On ne laissera plus personne décider de notre avenir dans l’ombre », prévient le représentant syndical.

Des équipes à bout

Les problèmes ne datent pas d’hier : retards de salaire, cotisations sociales impayées, absence de médecine du travail, charges non réglées… « À chaque fois qu’on soulève un problème, un autre surgit. On ne peut plus continuer comme ça », témoigne un salarié.
Beaucoup parlent d’un management autoritaire, d’une opacité constante et d’une perte totale de confiance.
Plusieurs employés ont déjà quitté l’établissement, épuisés.

Un mot d’ordre : transparence et respect

Les salariés d’Ecofih exigent la vérité sur la situation financière, le respect du dialogue social et la fin du mépris managérial.
Une demande de redressement judiciaire ne doit pas être une excuse pour écarter la parole des travailleurs, mais un moment pour reconstruire sur des bases saines et justes.

Voir les précédents épisodes :
ECOFIH : Détournement de fonds
ECOFIH : Une direction incohérente
ECOFIH : Arrêt La Folie
Quand la lutte paie à ECOFIH
ECOFIH : Condamnation aux prud’hommes

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