Intervention de Christine Fourage, secrétaire générale du SNPEFP-CGT au 20e congrès de l’UGICT-CGT (Union Générale des Ingénieurs, cadres et Techniciens)
Notre syndicat qui représente les salariés des organismes de formation, de l’enseignement privé indépendant et des CFA associatifs, est implanté dans des branches professionnelles où il n’existe pas ou peu de culture syndicale en général et CGT en particulier. Nous sommes en quelque sorte en terre de mission pour la CGT !
Dans ce secteur, on compte près de 80% d’ICTAM (Ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise). Ne nous y trompons pas, il s’agit souvent du lumpenprolétariat des ICTAM, et la figure de la formatrice ayant 20 ans d’ancienneté, technicienne et payée pour un temps plein entre 1.600 et 2.000 €, n’est pas rare.
Il y a une surreprésentation des femmes, des temps partiels contraints, des formateurs et enseignants multi employeurs.
Le secteur est en crise, sur fond de restructuration et de fusion-absorption par des grands groupes capitalistiques, baisse des subventions de l’État et des Régions pour les dispositifs d’insertion et de formation. Nous connaissons des licenciements massifs mais à bas bruit puisqu’il s’agit de TPE et PME. À titre d’exemple l’association SJT : Solidarité et Jalons pour le Travail dont le siège social est situé à côté de la CGT à Montreuil où un PSE concerne 95 travailleurs sur 400 salariés.

Le secteur est aussi caractérisé par des recours abusifs à des cdd d’usage, l’appel massif à des micro-entrepreneurs, le remplacement des enseignants (surtout en langue) par des plateformes délocalisées…
Les conséquences syndicales sont délétères :
- Difficultés à organiser des collectifs de travail quand les salariés courent à longueur de journée pour faire des piges à droite et à gauche.
- Répression syndicale puisque le mot d’ordre des patrons est « Pas de CGT chez nous ! ».
L’emploi en grand nombre de micro-entrepreneurs, pour beaucoup contraints, ne permet pas d’atteindre les seuils de déclenchement des CSE à plus de 11 ETP et surtout à plus de 50. Il n’y a donc pas donc pas de représentants syndicaux ou des salariés.
Les actions individuelles de quelques courageux en requalification de leurs prestations de travail en contrat de travail ne peuvent pas peser sur « le modèle économique » des employeurs.
Ici nous avons un vide juridique. Il serait peut-être utile de réfléchir, au sein de la CGT et à l’UGICT à partir de la notion de communauté de travail en y intégrant les micro-entrepreneurs Cela alimenterait la revendication d’une représentation syndicale de l’ensemble des travailleurs soumis au pouvoir de direction, à la détermination des conditions de travail et de rémunération des patrons.
Metz, le 20 novembre 2025

Retrouvez le compte-rendu de cette table ronde dans l’article « Quand les Ictam s’organisent massivement » paru dans Options, le journal de l’UGICT.
