Si Omnes Education m’était compté.
Pour apprendre à compter le Monopoly reste un incontournable, objectif gagner le plus d’argent possible en ruinant les autres, divertissement garanti, et la remarque n’est pas cynique le jeu est fort sympathique. De nombreuses versions ont été développées, peut-être serait-il temps de songer à la version école de commerce vs groupe d’enseignement privé lucratif.
Au niveau des règles, rien de bien compliqué, elles tiennent sur un papier à cigarette. En accumulant des propriétés, passage obligé d’un chemin figé, on fait payer les passants qui soit s’acquittent soit disparaissent. Imaginons un groupe d’enseignement privé, même combat, accumulation d’immeubles et de marques, gestion du mètre carré, et la banque pour les prêts. Au Monopoly la banque n’est jamais à court de monnaie, dans la réalité c’est un peu la même chose la banque étant « chargée de la création monétaire » suivant l’adage « les crédits font les dépôts », et de la même manière les prêts doivent être remboursés, pour l’enseignement privé les variables d’ajustement sont les étudiants et les salariés.
Le déroulement du jeu ou la gestion quotidienne
Au niveau des étudiants vous pouvez jouer sur le coût de la scolarité, sur le nombre d’étudiants par classe et sur les types d’enseignement, et la créativité n’a aucune limite. Qu’il s’agisse « d’e-learning », de synchrone et d’asynchrone, d’autonomie, ce moment où l’étudiant pendant ses heures de cours doit travailler seul, ou en groupe, sans support ni encadrement ou si peu que rien. Avant il était question de devoirs, de travail à la maison, en dehors de l’emploi du temps, mais quelle drôle d’idée, beaucoup moins marketing, beaucoup moins performant.
Au niveau des salariés le passage à la réalité pourrait sembler plus compliqué, entre le droit du travail, les conventions collectives, les règles de droit commun, les représentants du personnel, etc, un peu touffu pour notre papier à cigarettes. Un problème ? Que nenni, après tout pourquoi compliquer ce qui peut être simplifié.
Par définition, l’enseignement nécessite des enseignants, enfin pour le moment encore un peu, mais une variable d’ajustement s’ajuste. Les sigles sont formidables pour cela, entre CDD, CDDU, CDI à temps partiel le choix est large. Il y a aussi le recours aux micro-entrepreneurs et à la « facturation » ; les fameux « intervenants ». Et pourtant et malgré cela le droit vient encore casser les pieds. Pour ajuster, simplifier.
Et pour expliquer, démontrer, cas réels :
- Le contrat est encadré par le droit du travail, ne pas faire signer de contrat (constaté par l’inspection du travail).
- Le temps de travail est encadré par la convention collective, le minorer, et pour ajuster utiliser les heures complémentaires, mais il ne faudrait pas non plus que ces heures complémentaires coûtent de l’argent ou du temps alors passer outre. Après tout qui a eu la mauvaise idée de créer les majorations et exonérations, trop compliqué, et entre nous où est l’efficacité ?
- Moins d’élèves, plus assez d’élèves, nécessité d’ajuster, on réduit. Un contrat de travail à respecter, oui enfin si contrat de travail il y a, il suffit d’arrêter d’appliquer. Exécution déloyale du contrat de travail, en droit, là on frise le gros mot. Simplifier : salarié ou entreprise, même combat.
- Moins d’élèves, plus assez d’élèves, marges en baisse, il faut bien payer les intérêts bancaires, on licencie. Ah ben non, le licenciement est une rupture du contrat de travail, pourquoi rompre ce qui n’existe pas, et comment d’ailleurs, encore un législateur qui a compliqué les choses. Beaucoup plus simple, le salarié disparait, pas de contrat, pas d’application du contrat, plus de travail, plus de rémunération et le tour est joué. Bon encore un sigle qui complique tout RUP ou Registre Unique du Personnel, là le fantôme apparaît toujours mais après tout qui le consulte ? France Travail, qui peut dans son exigence bloquer les indemnités d’un salarié qui continue à apparaître bien que sans rémunération, mais est-ce vraiment un souci ? La variable d’ajustement s’ajuste.
- La médecine du travail : est-on vraiment obligé d’y inscrire les salariés, surtout à temps partiel, vraiment ? Et s’ils demandent est-on vraiment obligé de leur répondre ? L4121-1 code du travail, une lettre, des chiffres.
- Et le congé maternité est-on vraiment obligé de le respecter ? Besoin de travail d’une salariée en congé ? Il suffit de demander, d’expliquer la difficulté, de proposer de rémunérer au retour du congé, et le tour est joué. Après tout les salariés, précaires, peuvent toujours refuser, ou pas. L4121-1, une lettre, des chiffres.
- Et le CSE, L2315-5, encore une lettre et des chiffres. Qui a eu la mauvaise idée d’imaginer qu’une direction devait répondre à une lettre et des chiffres, et encore moins de corriger.
Cela donne un peu le tournis ? Pourtant la liste n’est pas exhaustive. Mais il s’agit du Monopoly, parlons gros sous.
Passe-passe
Les immeubles cela coûte de l’argent, le développement par croissance externe également, il ne faudrait pas non plus avec toutes ces contraintes imaginer augmenter le nombre d’élèves, et les banques ça se rembourse, comment faire ? Surtout quand votre LBO (« achat à effet de levier »), encore un sigle, a passé les cinq ans, cela peut cogner fort.
En comptabilité il existe ce qu’on appelle les « autres achats et charges externes », merveilleuse subtilité qui peut vous permettre de faire remonter au groupe, par exemple, 96% de votre chiffre d’affaires (société SFEF marque SUP CAREER, comptes annuels 2023/24, données publiques). Il faut s’accorder que là il s’agit plus de compliquer que de simplifier, mais c’est le jeu, les gros sous. Forcément dans cet exemple, à 96% du CA vous risquez d’être en perte, peu importe, la cessation d’activité a bien été créée pour cela.
Un dernier point. Tant d’intelligence, d’habilité et de dextérité se saluent, mais si jamais des voix récalcitrantes, qui n’ont sûrement que cela à faire, venaient à se plaindre ? Pas d’inquiétude « Vous êtes libéré de prison » a été créé pour cela. Dans la vraie vie on appelle cela l’impunité ou le déni de justice. L’inspection du travail établi un PV, la transaction pénale est proposée, il suffit de la refuser. Alors l’inspection du travail dépose plainte auprès du parquet (numéro parquet 25 330 000 759), au magistrat de décider, cas intéressant pour tester la force de la carte, son impunité, comprendre d’où elle vient et qu’elles sont ses limites, si limites il y a.
« Enfin, on a fait connaissance. Nous c’est Omnes Education, enchantés. »
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Pour aller plus loin
Supérieur privé et Financiarisation
