Enseignement privé lucratif : la stratégie du profil bas

La poursuite de la dérégulation du privé lucratif

 

Pour les tenants de la financiarisation du secteur, il s’agit de poursuivre la dérégulation de l’enseignement supérieur privé au détriment du service public au nom d’une prétendue régulation. Pour ce faire, deux actions complémentaires : empêcher tout débat au niveau du parlement et dans les médias ; soutenir les groupes du privé lucratif avec une nouvelle source de subvention via la promotion de l’IA ­­— le dernier saint graal de la « start-up nation » ­— et un scandaleux projet d’agrément du MESR !
Voir « Supérieur privé et financiarisation : 2025 ».

 

Comment éviter l’exposition médiatique afin de poursuivre les petits arrangements entre amis ?

Plusieurs signes ne trompent pas :

 

2. L’empire contre-attaque

    • Pression sur les CSE et comités de groupe pour empêcher, entraver le recours aux expertises d’un commissaire aux comptes permettant de révéler les dérives économiques et sociales de la financiarisation ainsi que les difficultés économiques des divers groupes. Voir « Que vaut Omnes Education ? ».
    • Poursuite du contournement du droit du travail et des conventions collectives. Voir le cas « KEDGE Business School : Rien ne va plus ! ».
    • De nouvelles subventions grâce aux fonds de l’IA sous formes d’aides au développement de l’IA dans les entreprises et aux formations. Voir un dispositif du type « Compétences et métiers d’avenir » qui prévoit de « soutenir l’émergence de talents et accélérer l’adaptation des formations aux besoins de compétences des nouvelles filières et des métiers d’avenir. 2,5 milliards d’euros de France 2030 seront mobilisés sur le capital humain pour atteindre cette ambition. » Gageons que le privé — « start-up nation » et groupes de l’enseignement lucratif — se taillera la part du lion.
    • Projet d’un agrément du MESR à deux étages. Le premier niveau regroupant le « service public de l’enseignement supérieur », les universités et … les Établissements d’Enseignement Supérieur Privés d’Intérêt Général (EESPIG) ; le second, c’est la grande nouveauté, avec « les établissements qui demandent une reconnaissance sans avoir d’obligation de service public » c.-à-d. le privé hyper-lucratif. Disposer d’un agrément permettra d’accoler à son logo sur Parcoursup, la bannière « établissement agréé par le MESR ». La confusion public/privé sera achevée sans contrôle formation par formation : ce sont les établissements, les grands groupes du privé lucratif, et non les formations qui bénéficieront de cette « reconnaissance ». Avec cette nouvelle version du « ruissellement macronien », les formations promues par le ministère du travail seront labellisées sous forme de « package établissement », de « marques groupe » et de leurs « sous-marques » par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est aussi la voie ouverte au détournement d’une part des bourses du public vers le privé. BANCO ! Voir « Au secours du privé lucratif : l’agrément du MESR ».

Les petits arrangements entre amis se poursuivent, comme si de rien n’était, au détriment du bien public, de l’Université, de l’avenir des jeunes et des conditions de travail des salariés et cela au mépris de l’article 13 du « Préambule de la constitution de 1946 » : La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État. Exit les conquêtes du Conseil National de la Résistance sacrifié sur l’autel du libéralisme, pauvre République !

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